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Sécurité des e-mails · Comprendre

SPF, DKIM et DMARC : que protègent-ils, et que ne protègent-ils pas

SPF dit quels serveurs peuvent envoyer pour un domaine, DKIM signe le message, DMARC vérifie que l’un des deux correspond au domaine affiché dans « De » et dit quoi faire en cas d’échec. Ensemble, ils empêchent un inconnu d’utiliser exactement votre domaine. Ils ne lisent pas le texte : un domaine cousin, un nom d’affichage trompeur ou un compte compromis passent.

Mis à jour en octobre 20266 min de lectureSources officielles citées

SPF : qui a le droit d’envoyer

La RFC 7208 part d’un constat : rien, dans le protocole de messagerie, n’empêche un serveur d’annoncer n’importe quelle adresse d’expédition. SPF permet au propriétaire d’un domaine de publier dans le DNS la liste des serveurs autorisés à envoyer en son nom, et au serveur qui reçoit de vérifier cette autorisation.

Deux précisions changent tout :

  • SPF vérifie l’adresse d’enveloppe (celle du dialogue entre serveurs, dite « MAIL FROM ») et le nom annoncé par le serveur, pas l’adresse que le destinataire lit dans « De ».
  • SPF juge le dernier serveur qui a remis le message. Quand un message est transféré par un autre serveur, ce n’est plus un serveur autorisé par le domaine d’origine qui le remet : la vérification peut échouer alors que le message est légitime.

Un domaine ne publie qu’un seul enregistrement SPF. Toutes les sources d’envoi y figurent : messagerie, logiciel de facturation, outil de newsletter, CRM, copieur qui numérise vers le mail.

DKIM : le message est signé

Selon la RFC 6376, DKIM permet au propriétaire d’un domaine signataire de revendiquer une part de responsabilité dans un message, au moyen d’une signature cryptographique. La clé publique est dans le DNS. Vérifier la signature établit que les parties signées n’ont pas changé depuis la signature.

La signature voyage avec le message. Elle survit donc mieux qu’SPF à un relais ou à un transfert, tant que ce relais ne modifie pas le sujet ou le corps. Une liste de diffusion qui ajoute une mention en bas du message la casse.

Ce que DKIM ne fait pas, d’après la même RFC : il ne chiffre pas le message, un échec n’impose pas de le rejeter, et le domaine qui signe n’a pas à être celui qui est affiché dans « De ». C’est précisément le trou que DMARC comble.

DMARC : l’alignement et la politique

La RFC 7489 définit DMARC comme un moyen, pour le propriétaire d’un domaine, d’exprimer une politique au niveau du domaine. Le mécanisme repose sur l’alignement : le domaine de l’adresse affichée dans « De » doit correspondre au domaine validé par SPF ou par DKIM. Si ni l’un ni l’autre n’est aligné, DMARC échoue.

Le domaine publie alors ce qu’il souhaite :

  • none : aucune action demandée, on observe ;
  • quarantine : traiter le message comme suspect ;
  • reject : rejeter le message.

DMARC prévoit aussi des rapports : des rapports agrégés, qui résument quels serveurs ont envoyé au nom du domaine et avec quel résultat, et des rapports d’échec, message par message. Ce sont eux qui permettent de découvrir un outil oublié qui envoie pour vous, ou quelqu’un qui usurpe votre domaine.

MécanismeCe qu’il vérifieCe qu’il ne regarde pas
SPFLe serveur qui remet le message est autorisé pour le domaine d’enveloppeL’adresse affichée, le contenu
DKIMLe message signé n’a pas été modifié ; un domaine en prend la responsabilitéL’adresse affichée, l’honnêteté du contenu
DMARCLe domaine affiché est aligné avec SPF ou DKIM ; politique en cas d’échecLes domaines ressemblants, le nom d’affichage, le texte

DMARC bloque-t-il le phishing ?

Il bloque une partie de l’usurpation du domaine, pas le phishing en général. La RFC 7489 le dit explicitement : DMARC ne traite pas les noms de domaine visuellement proches, ni l’abus du nom d’affichage, et l’analyse du contenu sort de son périmètre. Il ne cherche pas à résoudre tous les problèmes du courrier frauduleux.

Concrètement, DMARC ne voit pas :

  • un domaine cousin : le fraudeur authentifie parfaitement son propre domaine, qui ressemble au vôtre ;
  • un nom d’affichage usurpé : « Service comptabilité » écrit depuis une adresse sans rapport ;
  • un compte compromis qui signe correctement, puisque c’est le vrai serveur qui envoie ;
  • un message sans lien avec votre domaine : une fausse alerte d’un transporteur arrive d’un domaine qui n’a rien à voir avec le vôtre ;
  • un domaine sans politique : si le domaine imité publie « none », le destinataire n’a pas d’instruction de rejet.

Ces cas relèvent d’autres analyses : ressemblance des domaines, réputation, contenu, comportement. Voir spam, phishing, malware et compte compromis.

Transferts et listes de diffusion : ARC

Un transfert casse souvent SPF, une liste qui modifie le message casse DKIM, et DMARC échoue alors sur un message légitime. ARC, décrit dans la RFC 8617 (statut expérimental), permet à chaque intermédiaire d’attester le résultat d’authentification qu’il a constaté. Le serveur final peut choisir d’en tenir compte.

Protéger son domaine, filtrer ce qui arrive

Ce sont deux sujets que l’on confond souvent.

  • Protéger le domaine qui envoie : publier SPF, DKIM et DMARC pour votre domaine, afin que les autres puissent refuser les messages qui l’usurpent. C’est vous qui publiez ; ce sont les destinataires qui appliquent.
  • Filtrer ce qui arrive : vérifier les enregistrements des autres domaines sur le courrier que vous recevez, puis appliquer toutes les autres analyses.

Mise en œuvre progressive

  1. Inventaire de tout ce qui envoie au nom du domaine.
  2. Un enregistrement SPF unique qui les autorise ; une signature DKIM pour chaque service capable de signer.
  3. DMARC en « none », avec une adresse de réception des rapports.
  4. Lecture des rapports pendant plusieurs semaines ; correction des sources oubliées.
  5. Passage en « quarantine », puis en « reject » quand les envois légitimes sont tous alignés.

Exemple, à titre d’illustration. Un cabinet publie DMARC en « none » et lit ses premiers rapports. Il y découvre trois sources : sa messagerie, bien alignée ; son logiciel de facturation, qui envoie les factures avec le domaine du cabinet sans signature DKIM ; et un serveur inconnu à l’étranger qui envoie des centaines de messages à son nom. Il corrige le logiciel de facturation, attend un cycle de rapports propre, puis passe en « quarantine » : les destinataires qui appliquent DMARC traitent désormais les messages du serveur inconnu comme suspects.

Le jour où l’on change de messagerie, ces enregistrements se préparent avant le changement de MX. Le guide migrer une messagerie sans interruption décrit ce moment ; il n’est pas repris ici.

Questions fréquentes

Une politique DMARC « none » protège-t-elle ?

Non. Elle permet d’observer grâce aux rapports. La protection commence avec « quarantine » ou « reject ».

Pourquoi un message légitime échoue-t-il DMARC ?

Le plus souvent : un transfert, une liste de diffusion, ou un service qui envoie pour vous sans être déclaré dans SPF ni signer en DKIM.

Notre messagerie ne signe pas en DKIM : que faire ?

Une passerelle placée sur le trajet des envois peut signer à sa place. Voir Protéger la messagerie que vous avez déjà.

Où lire le résultat de ces contrôles sur un message reçu ?

Dans les en-têtes du message. Pour Klytic MTA, voir Lire et exporter une décision du filtre.

Où Klytic se situe

Klytic MTA traite les deux sujets, devant n’importe quelle messagerie :

  • Essentiel et Avancé : contrôle SPF, DKIM et MX ; vérification DMARC, y compris pour les messages transférés grâce à ARC ; signature DKIM des envois, même si votre messagerie ne le fait pas.
  • Avancé : console DMARC, avec les rapports de vos domaines, des alertes et des pistes de correction, pour mener le passage progressif vers « reject ».

DMARC n’est qu’une couche : Klytic MTA ajoute la détection des domaines sosies, du nom d’affichage et des scénarios de fraude, décrite dans usurpation et fraude au président.

Si vous utilisez Klytic Mail, SPF, DKIM et DMARC sont configurés pour votre domaine : c’est la protection du domaine qui envoie. Klytic MTA, lui, se souscrit avec ou sans Klytic Mail.

Sources

Consultées en octobre 2026.

  • RFC 7208, SPF : le propriétaire d’un domaine publie les hôtes autorisés à utiliser son domaine dans l’identité « MAIL FROM » ou « HELO », et le récepteur vérifie cette autorisation. rfc-editor.org
  • RFC 6376, DKIM : un domaine revendique la responsabilité d’un message par une signature cryptographique ; pas de chiffrement, pas de rejet imposé, domaine signataire distinct possible de l’auteur affiché. rfc-editor.org
  • RFC 7489, DMARC : alignement du domaine de « From » avec SPF ou DKIM, politiques none, quarantine et reject, rapports agrégés et d’échec ; domaines visuellement proches, nom d’affichage et analyse du contenu hors périmètre. rfc-editor.org
  • RFC 9989 (mai 2026), qui remplace la RFC 7489 : mêmes valeurs de politique et mêmes exclusions (domaines ressemblants, nom d’affichage). rfc-editor.org
  • RFC 8617, ARC (expérimental) : chaîne de transmission authentifiée ; un récepteur DMARC peut accepter les évaluations portées par une chaîne ARC valide. rfc-editor.org
  • Klytic, page Klytic MTA : contrôles d’authentification, signature DKIM sortante et console DMARC des offres Essentiel et Avancé, options, modes de déploiement, mise en service par le MX. klytic.com

Vérifier et signer, devant votre messagerie

Klytic MTA vérifie SPF, DKIM et DMARC à l’arrivée et signe vos envois.

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