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Protéger une GED contre un ransomware, et la restaurer

Une GED se protège par un ensemble : des comptes et des droits qui limitent ce qu’un attaquant peut chiffrer, des liens et des postes synchronisés maîtrisés, une sauvegarde hors d’atteinte du compte compromis. La restauration est un ordre d’opérations : contenir, choisir un point antérieur au chiffrement, restaurer, vérifier, rouvrir. Ce qui a été produit entre ce point et l’incident est perdu ou à reconstituer.

Mis à jour en octobre 20267 min de lectureSources officielles citées

Ce qu’un ransomware fait à une GED

Un rançongiciel chiffre les fichiers auxquels il a accès, puis réclame une rançon contre la clé. Dans une GED, il agit avec les droits du compte ou du poste qu’il a infecté. Trois mécanismes aggravent les dégâts :

  • la synchronisation : le poste infecté chiffre sa copie locale, puis le client de synchronisation envoie les fichiers chiffrés au serveur, comme une modification ordinaire, et de là vers les autres appareils ;
  • l’historique : chaque fichier chiffré devient une nouvelle version. L’ancienne version peut sauver la situation, sauf si l’attaquant dispose de droits suffisants pour purger l’historique et la corbeille ;
  • la sauvegarde : l’ANSSI observe qu’un attaquant cherche souvent à chiffrer, effacer ou rendre indisponible l’infrastructure de sauvegarde, pour empêcher la reconstruction.

Certaines attaques copient aussi des données avant de les chiffrer. La restauration remet les fichiers en état. Elle ne règle pas cette partie, qui relève de la gestion de crise et, s’il y a des données personnelles, du RGPD.

Réduire le rayon d’action

On ne peut pas promettre qu’aucun poste ne sera infecté. On peut limiter ce qu’un poste ou un compte infecté peut atteindre.

Les droits d’écriture

Un compte qui ne peut que lire un dossier ne peut pas le chiffrer. Les dossiers de référence (modèles, procédures, contrats signés) peuvent être en lecture seule pour la plupart des personnes. Les droits se posent par groupe et par dossier, pas « tout le monde modifie tout ».

Les comptes d’administration

L’ANSSI recommande de limiter ces comptes au strict nécessaire. Ils doivent être nominatifs, protégés par une double authentification, et ne pas servir au travail courant.

Les liens externes

Un lien qui donne un droit de modification à un inconnu est une porte. Les liens qui sortent ont un mot de passe, une date de fin, et en général un droit de lecture seulement.

Les postes synchronisés

Ne synchronisez que les dossiers utiles sur chaque poste. Laissez les dossiers sensibles dans le navigateur. Installez les mises à jour vite : l’ANSSI rappelle qu’il est crucial de le faire dans un délai court et selon un processus maîtrisé. La porte d’entrée la plus fréquente reste la messagerie : voir pièces jointes, liens et ransomwares.

Pourquoi la sauvegarde doit être hors d’atteinte

Une sauvegarde accessible avec le même compte que la production sera chiffrée avec elle. Trois séparations la mettent à l’abri :

  • un autre identifiant : l’ANSSI demande des comptes d’administration de sauvegarde nominatifs et dédiés, et une infrastructure indépendante des annuaires de production ;
  • l’immuabilité : une sauvegarde écrite ne peut plus être modifiée ni supprimée pendant sa durée de conservation ;
  • un autre site, et si possible une copie hors ligne : l’ANSSI la juge indispensable et plus robuste qu’une sauvegarde immuable restée en ligne.

Reste la profondeur. Une intrusion peut rester discrète plusieurs semaines avant le chiffrement. Si la rétention est plus courte que ce délai, toutes les sauvegardes disponibles peuvent contenir l’attaquant ou des fichiers déjà corrompus.

L’ordre de reprise

La restauration n’est pas un bouton. C’est une suite d’étapes, et l’ordre compte.

  1. Contenir. Isoler les postes infectés du réseau, suspendre les comptes compromis, désactiver la synchronisation et les liens externes du périmètre touché. L’ANSSI conseille aussi de tenir une main courante horodatée, de déconnecter les supports de sauvegarde après avoir vérifié qu’ils sont sains, et d’éviter l’extinction électrique des machines, qui peut effacer des traces utiles.
  2. Dater le début. Identifier le premier fichier chiffré, le compte et le poste en cause. C’est ce qui fixe le point de restauration.
  3. Choisir le point de restauration antérieur au chiffrement, avec une marge si la date est incertaine.
  4. Restaurer sur un environnement sain. L’ANSSI recommande de réinstaller sur un support connu, puis de restaurer les données depuis une sauvegarde antérieure à la compromission. Quand l’outil le permet, ne restaurer que le périmètre touché évite d’écraser le travail fait ailleurs depuis.
  5. Vérifier. Ouvrir des fichiers au hasard, contrôler qu’aucun fichier chiffré ne subsiste, corriger la faille d’entrée, changer les mots de passe.
  6. Rouvrir les accès progressivement. Les postes se resynchronisent à partir du serveur restauré, jamais l’inverse. Un poste non nettoyé qui se reconnecte renvoie ses fichiers chiffrés.

En parallèle, l’ANSSI recommande de ne jamais payer la rançon, de conserver les données chiffrées (une clé peut être publiée plus tard), de déposer plainte, et de faire notifier la CNIL par la cellule de crise en cas de violation de données personnelles.

Ce qui est perdu : le RPO en pratique

Cas hypothétique. Un cabinet de vingt personnes sauvegarde ses documents chaque heure. Lundi, à 9 h 15, un poste synchronisé commence à chiffrer le dossier « Clients ». L’alerte est donnée à 10 h 05.

Le dernier point sain est la sauvegarde de 9 h. Le dossier « Clients » revient à son état de 9 h. Les modifications faites entre 9 h et 9 h 15 dans ce dossier sont perdues. Celles faites dans les autres dossiers ne le sont pas si la restauration se limite au dossier touché. La secrétaire qui a enregistré trois courriers à 9 h 10 les retrouve dans sa messagerie et les redépose.

C’est ce que mesure le RPO, la perte de données maximale admissible : l’écart entre le point de restauration et l’incident. Le RTO, la durée maximale d’interruption admissible, mesure autre chose : le temps avant que les équipes retravaillent. Les deux se décident avant l’incident, pas pendant.

Les erreurs fréquentes

  • Restaurer avant de contenir. Le poste toujours connecté rechiffre les fichiers restaurés.
  • Resynchroniser depuis le poste infecté. La copie locale est la copie chiffrée.
  • Compter sur la corbeille. Elle ne contient pas les fichiers modifiés, seulement les fichiers supprimés.
  • Découvrir la rétention le jour J. Si l’intrusion date de six semaines et que la rétention est de trente jours, le choix du point de restauration se complique.

Questions fréquentes

Le versioning suffit-il contre un ransomware ?

Il aide si l’historique est intact. Il ne suffit pas si l’attaquant a pu le purger. La différence est expliquée dans versioning, réplication et sauvegarde.

Faut-il payer la rançon ?

L’ANSSI recommande de ne jamais la payer. Payer ne garantit ni la clé, ni l’absence de nouvelle attaque.

Comment limiter qui peut modifier un dossier ?

Par les droits par groupe et par dossier. Voir régler qui voit quels documents.

Comment éviter qu’un lien serve de porte d’entrée ?

Avec un mot de passe, une date de fin et un droit de lecture seule. Voir liens de partage, partenaires et téléchargements.

Où Klytic se situe

Pour Klytic Docs, les sauvegardes ont lieu chaque heure. Elles sont chiffrées, immuables, répliquées sur plusieurs sites, supervisées, conservées 30 jours, et les restaurations sont testées chaque mois. Les objectifs visés sont un RPO inférieur à 2 heures pour les documents et un RTO inférieur à 4 heures. La restauration se demande au support Klytic, avec le périmètre et la date approximative. Elle est incluse quand la perte vient d’un dysfonctionnement du service Klytic. Après un rançongiciel ou un compte piraté chez vous, la reprise est aussi incluse si vos postes étaient correctement protégés : mises à jour appliquées, antivirus actif. S’ils l’étaient insuffisamment, elle fait l’objet d’un ticket d’assistance payant, comme une restauration après une mauvaise manipulation. Le détail est sur la page sécurité et sauvegarde.

Côté prévention, Klytic Docs fournit des droits par personne, par groupe et par dossier, la double authentification, un journal des accès, et des liens protégés par mot de passe avec date d’expiration. Côté Klytic, les accès techniques sont limités aux opérations d’exploitation et de support, nominatifs et journalisés.

Les limites : trente jours de rétention ne couvrent pas une compromission découverte plus tard. Klytic restaure ses services ; le nettoyage de vos postes, de votre réseau et de votre annuaire relève de votre équipe informatique ou de votre prestataire. Klytic n’est pas une offre qualifiée SecNumCloud.

Cette page décrit un cadre général. En cas d’incident, suivez votre plan de reprise et les consignes des autorités compétentes.

Sources

Consultées en octobre 2026.

  • ANSSI et ministère de la Justice (DACG), Attaques par rançongiciels, tous concernés, 2020 : sauvegardes déconnectées, limitation des comptes d’administration, mises à jour rapides ; en cas d’incident, main courante, isolement, pas d’extinction électrique, conservation des données chiffrées, ne pas payer, plainte, restauration depuis une sauvegarde antérieure à la compromission. messervices.cyber.gouv.fr
  • ANSSI, Sauvegarde des systèmes d’information, guide ANSSI-BP-100, v1.1 : l’attaquant vise souvent l’infrastructure de sauvegarde ; comptes dédiés ; hors ligne plus robuste que le WORM en ligne ; PDMA et DMIA. messervices.cyber.gouv.fr
  • Klytic, Sécurité et sauvegarde : sauvegardes immuables, chiffrées, répliquées, 30 jours, restaurations testées chaque mois, RTO inférieur à 4 h, RPO inférieur à 2 h. klytic.com
  • Klytic, Hébergement et souveraineté : accès techniques limités à l’exploitation et au support, nominatifs et journalisés. klytic.com

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