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Sécurité des e-mails · Comprendre

Filtre intégré ou passerelle de sécurité devant la messagerie

Le filtre inclus dans une messagerie protège cette messagerie-là. Une passerelle de sécurité se place devant elle : le MX du domaine la désigne, elle reçoit le courrier, l’analyse, puis le livre au serveur de boîtes, quel qu’il soit. La vraie différence tient au moment de l’analyse : avant que le message n’entre dans la boîte, ou après.

Mis à jour en octobre 20267 min de lectureSources officielles citées

Deux places possibles pour le filtre

Toute messagerie professionnelle filtre déjà le courrier. Microsoft 365, Google Workspace, un serveur Exchange ou un serveur hébergé ont un antispam et un antivirus intégrés. Ce filtre est conçu pour la plateforme qui le porte : ses règles, ses rapports et ses journaux vivent dans cette plateforme, et partent avec elle le jour où l’on change de fournisseur.

Passerelle SMTP. Un serveur de messagerie placé en amont de la boîte. La RFC 5321, qui décrit le transport du courrier sur Internet, appelle « agent de transfert » (MTA) un serveur qui reçoit un message et le transmet plus loin. L’enregistrement MX du domaine désigne la passerelle : c’est donc elle que les serveurs expéditeurs contactent en premier.

Après analyse, la passerelle remet le message au serveur de boîtes. Les utilisateurs ne la voient pas. Ils gardent leur logiciel, leur webmail et leur téléphone.

Conséquence pratique : la passerelle ne dépend pas de la boîte. On peut changer de serveur de messagerie sans changer de filtre, ou renforcer le filtre sans changer de serveur. Ce sont deux achats distincts, qui se décident séparément.

Avant ou après la livraison

Un filtre peut agir à deux moments, et le choix n’est pas neutre.

  • Avant la livraison. Le message est analysé pendant qu’il transite. S’il est jugé dangereux, il n’entre pas dans la boîte. Une pièce piégée peut être retirée et remplacée par un message d’information. Un message douteux part en quarantaine au lieu d’être livré.
  • Après la livraison. Le message est déjà dans la boîte quand l’analyse conclut, ou quand une information nouvelle arrive, par exemple un lien signalé quelques heures plus tard. L’outil doit alors aller le retirer. Entre-temps, l’utilisateur a pu l’ouvrir, cliquer ou transférer la pièce.

Les deux approches se combinent souvent : une analyse en amont, puis une protection qui continue au moment du clic, parce qu’un site propre à la réception peut être piégé ensuite. Aucune ne prétend tout arrêter.

Klytic place l’analyse avant la boîte pour une raison simple : ce qui n’est pas livré n’a pas à être rattrapé. Cela ne dispense pas d’un réflexe humain quand un message crédible passe tous les contrôles, comme dans la fraude au président.

Pourquoi placer un MTA de sécurité devant le serveur

  • Un outil dont c’est le métier. La passerelle ne gère ni agenda ni stockage. Ses règles portent sur l’expéditeur, le contenu et les pièces, et se règlent domaine par domaine.
  • Une protection qui reste en place. Elle survit à un changement de serveur de boîtes, et peut couvrir plusieurs serveurs à la fois : une filiale, une messagerie historique, une nouvelle plateforme.
  • Une décision lisible au même endroit. Chaque message porte le motif de la décision, quel que soit le serveur qui le reçoit ensuite.
  • Un second avis. Le filtre intégré de la messagerie continue de fonctionner derrière la passerelle.

Ce que cela coûte : un intermédiaire de plus sur le trajet. Il faut le déclarer au serveur de boîtes, sinon celui-ci voit tout le courrier arriver d’une seule adresse et juge mal l’expéditeur réel. Il faut aussi relire SPF, DKIM et DMARC. La page Protéger la messagerie que vous avez déjà décrit ces réglages.

Tout le monde est concerné

Pour l’ANSSI, la messagerie est « le principal vecteur d’infection du poste de travail », et les systèmes de messagerie sont « un des principaux vecteurs d’attaques puisque très largement utilisés et exposés sur internet ». Hameçonnage, pièce jointe piégée, faux ordre de virement : une adresse e-mail suffit pour être visé, et une TPE l’est autant qu’un grand groupe.

L’ANSSI fait de la protection de la messagerie l’une de ses dix règles d’or de la sécurité numérique, et son référentiel de mesures recommande de mettre en œuvre une solution d’anti-spam et d’anti-hameçonnage. Son guide sur l’interconnexion d’un système d’information à Internet rappelle que l’usage professionnel de la messagerie est très répandu « quels que soient la taille et le secteur d’activité de l’entité », et que des mécanismes antispam et de recherche de contenu malveillant « doivent être mis en œuvre ».

Un filtrage de sécurité du courrier n’est donc plus une option. La vraie question est l’endroit où il se place, et ce qu’il sait arrêter avant que le message n’arrive dans la boîte.

La passerelle ajoute au filtre de la messagerie une analyse qui ne dépend pas de l’éditeur de vos boîtes, une même politique pour plusieurs serveurs ou plusieurs sociétés, et des décisions que l’on peut expliquer.

Aucun filtre, intégré ou placé devant, ne remplace les réflexes rappelés par l’ANSSI : ne pas cliquer sur un lien ou une pièce jointe douteux, ne pas répondre à un courriel suspect, vérifier par un autre canal, activer la double authentification.

Ce que la passerelle voit, et ce qu’elle garde

Pour décider, une passerelle lit tout le message : l’expéditeur annoncé et le serveur qui l’envoie, les résultats d’authentification (SPF, DKIM, DMARC), le texte, les liens, les pièces jointes. Elle en tire une décision : livrer, mettre en quarantaine, rejeter, ou différer un expéditeur inconnu.

Lire n’est pas conserver. La bonne question à poser à un fournisseur est : qu’est-ce qui reste, et combien de temps ? Pour Klytic MTA, la réponse distingue trois cas, plus la trace de la décision.

SituationCe qui est conservéDurée
Livraison normaleLes données personnelles d’analyse (expéditeur, destinataires, sujet, corps, noms des pièces) sont purgées. Restent l’horodatage, le domaine expéditeur, les scores et la décision.Purge après 2 jours par défaut, délai réglable
Message dangereux en quarantaineLe message complet, chiffréLe temps de validité du lien de libération, 7 jours
Serveur de boîtes injoignableLe message, chiffré (AES-256-GCM), en file d’attenteJusqu’à la livraison ou l’expiration du délai
Toutes les décisionsScore et motif, sans le contenuDonnées techniques conservées pour les statistiques

« Aucun stockage des messages en fonctionnement normal » veut donc dire : pas de copie durable du courrier livré. Ce n’est pas « zéro donnée ». La passerelle garde la trace de ses décisions, et quelques jours le détail d’analyse. Les horloges sont détaillées dans Conserver et relire les journaux de sécurité des e-mails.

Le trajet, étape par étape

  1. Un serveur expéditeur cherche le MX de votre domaine. Il trouve la passerelle et lui remet le message.
  2. La passerelle vérifie l’expéditeur (authentification, réputation), le message (liens, texte, scénario connu), puis les pièces.
  3. Message sain : elle le livre à votre messagerie, quelle qu’elle soit : Microsoft 365, Google Workspace, Exchange, Klytic Mail ou un autre serveur.
  4. Message dangereux : il part en quarantaine chiffrée. Le destinataire est prévenu et peut le libérer par un lien si c’est une erreur.
  5. Message refusé : le serveur expéditeur reçoit un rejet et prévient son utilisateur.
  6. Votre serveur de boîtes ne répond pas : le message attend, chiffré, puis il est livré dès que le serveur revient.

Ce trajet repose sur le comportement normal de SMTP : un serveur qui reçoit une erreur temporaire garde le message et réessaie. Le guide migrer une messagerie sans interruption explique pourquoi ce mécanisme évite de perdre du courrier pendant un changement de MX.

Questions fréquentes

Une petite entreprise a-t-elle besoin d’un filtrage de sécurité ?

Oui. Les attaques par e-mail ne choisissent pas leur cible selon sa taille. La passerelle est une façon de mettre ce filtrage en place sans changer de messagerie : voir Protéger la messagerie que vous avez déjà.

Une passerelle remplace-t-elle le filtre de Microsoft 365 ou de Google Workspace ?

Non. Le filtre intégré continue de travailler derrière elle. Les éditeurs décrivent comment déclarer une passerelle pour que leur propre analyse reste juste : voir Protéger la messagerie que vous avez déjà.

La passerelle retarde-t-elle le courrier ?

L’analyse ajoute une étape. Le cas visible est volontaire : un expéditeur inconnu peut être mis brièvement en attente, ce qui écarte des envois automatiques qui ne réessaient jamais.

Peut-on changer de messagerie en gardant la passerelle ?

Oui. Le MX continue de désigner la passerelle ; seul le serveur de livraison change. Le déroulé d’une bascule est dans migrer une messagerie sans interruption.

Que devient un message mis de côté par erreur ?

Il est en quarantaine, pas supprimé. Voir Quarantaine, faux positifs et signalements.

Quelle différence avec une messagerie dédiée ou installée chez soi ?

C’est la question de la boîte, pas du filtre. Elle est traitée dans messagerie cloud, dédiée ou dans vos locaux.

Où Klytic se situe

Klytic MTA est une passerelle de ce type. Il se souscrit seul, sans Klytic Mail, et livre vers Klytic Mail, Microsoft 365, Google Workspace, Exchange ou tout autre serveur de messagerie.

  • Essentiel : authentification et réputation (SPF, DKIM, DMARC y compris pour les messages transférés, âge des domaines, listes noires), antispam, antivirus, anti-phishing, domaines sosies et nom d’affichage, macros et PDF piégés, quarantaine chiffrée et libération, signature DKIM des envois, rappel avant envoi, signature S/MIME des envois pour une messagerie qui ne la gère pas, si le client l’active et confie sa clé (la fourniture du certificat est en option), arbitrage par IA des messages ambigus, score et motif dans les en-têtes.
  • Avancé : tout l’Essentiel, plus la fraude au dirigeant et les fraudes financières, les liens réanalysés au moment du clic, les fichiers HTML piégés, la console DMARC et les journaux exportables vers un SIEM.

Le service se déploie dans le cloud Klytic, sur une instance dédiée ou sur vos serveurs. Le cloud Klytic est hébergé dans toute zone géographique correspondant à la juridiction applicable, sous réserve de la disponibilité des services, notamment en Europe ou à Maurice. La mise en service prend généralement 24 à 48 heures : Klytic prépare la configuration, puis vous modifiez le MX de votre domaine, ou Klytic le fait pour vous.

Ce que Klytic MTA ne fait pas : il ne remplace pas votre messagerie, ses comptes ni ses droits, et il ne voit que le courrier qui passe par lui. Pour Microsoft 365 et les autres messageries, voir Protéger la messagerie que vous avez déjà.

Cette page décrit une architecture générale. Le réglage exact dépend de votre messagerie et de vos domaines.

Sources

Consultées en octobre 2026.

  • RFC 5321, Simple Mail Transfer Protocol : les serveurs SMTP agissent comme agents de transfert (MTA) ; les hôtes intermédiaires sont en général désignés par l’enregistrement MX du DNS. rfc-editor.org
  • Klytic, page Klytic MTA : modules des offres Essentiel et Avancé, options, modes de déploiement, mise en service par le MX, conservation des messages limitée à la file d’attente et à la quarantaine. klytic.com
  • ANSSI, « 10 règles d’or en matière de sécurité numérique » : la 6e règle, « Protégez votre messagerie électronique », décrit l’hameçonnage et recommande de se méfier des liens et pièces jointes douteux, de vérifier par un autre canal et d’activer la double authentification. cyber.gouv.fr
  • ANSSI, « Guide d’hygiène informatique », version 2.0, septembre 2017, mesure 24 « Protéger sa messagerie professionnelle » : « La messagerie est le principal vecteur d’infection du poste de travail ». messervices.cyber.gouv.fr
  • ANSSI, MonServiceSécurisé, référentiel de mesures, mesure « Mettre en œuvre une solution d’anti-spam et d’anti-hameçonnage » : « Les systèmes de messagerie sont un des principaux vecteurs d’attaques puisque très largement utilisés et exposés sur internet ». monservicesecurise.cyber.gouv.fr
  • ANSSI, « Recommandations relatives à l’interconnexion d’un système d’information à Internet », ANSSI-PA-066, version 3.0, 19 juin 2020, chapitre 5 « Sécurisation du service de messagerie électronique » : la messagerie « est devenu[e] un des principaux vecteurs d’attaque informatique » (hameçonnage, pièces jointes malveillantes) ; § 5.2.3, des mécanismes antispam et de recherche de contenu malveillant « doivent être mis en œuvre ». messervices.cyber.gouv.fr

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