Messagerie · Comprendre
La corbeille, la sauvegarde du service et le secours de la plateforme ne répondent pas au même accident. Une sauvegarde indépendante du serveur peut ramener un message effacé, même volontairement, à condition qu’il ait été sauvegardé avant sa suppression et que la date reste dans la durée de conservation. Quand le serveur tombe, le courrier entrant attend chez l’expéditeur : ce qui compte alors est le temps de remise en service et la quantité de messages que l’on accepte de perdre.
Mis à jour en octobre 20266 min de lectureSources officielles citées
On dit « c’est sauvegardé » pour des mécanismes très différents. Chacun rattrape un type d’accident, avec une personne qui agit et une limite.
| Filet | Qui agit | Ce qu’il rattrape | Sa limite |
|---|---|---|---|
| Corbeille et dossier de récupération | L’utilisateur, dans sa boîte | La fausse manipulation récente | Durée courte, et rien si la boîte elle-même est supprimée ou compromise |
| Sauvegarde du service | L’exploitant, sur demande | Le retour d’un message, d’un dossier ou d’une boîte à un état passé | La durée de conservation, et l’intervalle entre deux sauvegardes |
| Secours de plateforme | L’exploitant, sans demande | La panne : le courrier continue d’arriver ou reprend | Ne ramène pas un message effacé |
La copie que l’éditeur ou l’hébergeur garde pour sa propre disponibilité, sur plusieurs disques ou plusieurs serveurs, appartient au troisième filet. Elle protège d’une panne de matériel. Elle ne protège pas d’une suppression : un message effacé l’est aussitôt sur toutes les répliques. C’est la confusion la plus fréquente entre redondance et sauvegarde.
Oui, dans trois limites.
La suppression volontaire mérite une attention particulière. Un salarié mécontent qui vide sa boîte, ou un attaquant qui a pris un compte d’administration, peut effacer les messages et chercher à effacer aussi les sauvegardes. D’où l’intérêt d’une sauvegarde que personne ne peut modifier pendant sa durée de conservation, y compris un administrateur de la messagerie. Le guide de l’ANSSI sur la sauvegarde recommande de cloisonner les serveurs de sauvegarde au sein du système d’administration, et invite à étudier le mécanisme d’immuabilité d’une solution de type WORM plutôt qu’à s’en remettre au mot.
Une sauvegarde indépendante vit hors de la messagerie qu’elle protège. Concrètement :
Le même guide recommande la règle « 3-2-1 », qui commence par trois copies distinctes des données, et définit la sauvegarde hors ligne comme une sauvegarde sur un support déconnecté de tout système d’information. Ces notions s’appliquent au courrier comme aux fichiers ; leur déclinaison pour les documents est dans versioning, réplication et sauvegarde.
Exemple. Dans un cabinet de 25 personnes (cas hypothétique), un collaborateur supprime par erreur le dossier d’un client, vide la corbeille, et ne s’en rend compte que le lundi suivant. Le dossier de récupération ne contient plus rien d’utile. La sauvegarde du vendredi précédent contient le dossier. L’exploitant le restaure dans la boîte ; seuls manquent les messages arrivés et effacés entre deux sauvegardes.
Le courrier électronique tolère bien les pannes courtes. Un serveur expéditeur qui ne joint pas le vôtre, ou qui reçoit une erreur temporaire, garde le message en file d’attente et réessaie. Tant que la panne dure moins longtemps que le délai au bout duquel l’expéditeur abandonne, qui se compte habituellement en jours, rien n’est perdu : le courrier arrive au retour du service. Le guide migrer une messagerie sans interruption détaille ce mécanisme. Une passerelle de filtrage placée devant la messagerie joue le même rôle : elle garde le message accepté jusqu’à ce que le serveur réponde.
Ce que les utilisateurs voient est différent : plus de webmail, des téléphones qui ne se synchronisent plus, des envois impossibles. C’est cette durée que mesure le premier indicateur.
RTO (durée maximale d’interruption admissible) : le temps visé pour remettre le service en marche. RPO (perte de données maximale admissible) : la quantité de données, exprimée en durée, que l’on accepte de perdre si le stockage doit être reconstruit depuis la dernière sauvegarde.
Le RPO ne concerne pas le courrier qui attend chez les expéditeurs : celui-là arrive au retour du service. Il concerne les messages déjà livrés dans les boîtes, et les gestes des utilisateurs, depuis la dernière sauvegarde, dans le cas où le stockage lui-même serait perdu. Un RPO de moins de 2 heures signifie qu’au plus deux heures de cet historique seraient à reconstituer. Ce sont des objectifs : demandez comment ils sont mesurés et testés.
Une panne prolongée, une fin de contrat ou un rachat du fournisseur peuvent imposer de changer de messagerie. Votre domaine et vos adresses ne changent pas : c’est l’enregistrement MX qui désigne la nouvelle plateforme. La méthode, avec la coexistence, les passes de copie, et la cohérence de SPF, DKIM et DMARC, est décrite dans migrer une messagerie sans interruption. Elle n’est pas reprise ici.
Non. La redondance recopie aussi les suppressions. Elle protège d’une panne de matériel, pas d’une erreur ni d’un effacement volontaire.
En général, non : l’expéditeur le garde et réessaie. Il n’est perdu que s’il est refusé définitivement, ou si la panne dure plus longtemps que le délai d’abandon de l’expéditeur.
Pour revenir en arrière après une erreur, souvent. Pour conserver des messages plusieurs années, non : c’est le rôle de l’archivage. Voir archiver les messages.
Oui, car la rétention court. La protection en amont relève de la passerelle de filtrage ; voir protéger la messagerie que vous avez déjà.
Pour Klytic Mail, les trois filets existent et sont distincts.
La restauration d’un message, d’un dossier ou d’une boîte se demande au support, en précisant l’élément concerné et la date approximative. Elle est incluse en cas de dysfonctionnement du service, de suppression volontaire par un salarié ou de compte supprimé trop tôt lors d’un départ (dans la limite de 3 demandes par mois), ou d’attaque subie malgré des postes correctement protégés. Après une suppression accidentelle, une mauvaise manipulation, ou si les postes étaient insuffisamment protégés, elle fait l’objet d’un ticket d’assistance payant. Le dossier benne, sans frais, reste le premier recours. Le geste est décrit dans restaurer un message ou une boîte.
Ce que l’offre ne couvre pas : une restauration en libre-service par l’utilisateur au-delà du dossier benne, et une conservation au-delà de 30 jours par la sauvegarde. Pour garder des messages plusieurs années, l’archivage légal est proposé en option.
Cette page décrit un cadre général. Les engagements applicables sont ceux de votre contrat.
Consultées en octobre 2026.
Pendant l’essai, demandez la restauration d’un message effacé : vous verrez le délai, la personne qui agit et l’endroit où il réapparaît.
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